La citoyenneté 2.0 évoque les mouvements sociaux et politiques du printemps arabe (2011), de même que l’usage décisif des réseaux socionumériques (Facebook et Twitter, notamment) par ceux et celles qui ont voulu s’organiser collectivement et mieux faire entendre leur voix. Les médias numériques ont amplifié la portée de la mobilisation populaire, pour exiger des changements politiques profonds. Les mouvements des indignés dans les grandes villes occidentales ont eux aussi utilisé à profusion ces moyens de communication devenus des moyens d’organisation, des outils d’action politique.
Mais les récents événements en France (Attentat de Charlie Hebdo, …) ont eux en partie dévoilé la difficulté, particulièrement pour les jeunes, et, peut-être, pour certains jeunes en particulier, de maîtriser la lecture et le décryptage de l’information et de l’image, dans les médias, sur internet et les réseaux sociaux.

Ces événements, leur prolongement social et leur traitement par les médias soulèvent de multiples questions autour du fonctionnement et des valeurs de nos démocraties. S’agissant des jeunes, nos politiques semblent  s’inquiéter aujourd’hui de savoir comment leur permettre de devenir des citoyens actifs et responsables plutôt que des djihadistes incontrôlables.

Madame Viviane Reading, vice-Présidente de la Commission Européenne, en charge de la Citoyenneté, a déclaré à propos de l’éducation aux Médias dont elle a la charge :

« à l’époque du numérique, l’éducation aux médias joue un rôle essentiel pour ASSURER L’ÉMERGENCE D’UNE CITOYENNETÉ PLEINE ET ACTIVE. Aujourd’hui, savoir lire et écrire ne suffit plus. Chacun doit se familiariser avec le nouvel environnement numérique qui nous entoure. Pour y parvenir, il est important d’informer et d’éduquer sans relâche.»

DÉFICIT DE DÉMOCRATIE ?!

Comme éducateur, j’ai échafaudé l’hypothèse selon laquelle certains jeunes, en difficulté sociale, sont possiblement en DÉFICIT DE DÉMOCRATIE. Reprenant la définition en trois points qu’en faisait Abraham Lincoln, un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ces jeunes, selon moi, peinent aujourd’hui à s’identifier à notre société, à communiquer et à interagir avec elle.

Apprendre à l’école la morale pour la morale, dans un monde qui de surcroît la bafoue impunément ne motive à ma connaissance que peu d’adolescents. La socialisation sans morale qui revient finalement à procéder par calcul comportemental – « il vaut mieux faire ceci et éviter cela car l’ensemble coûte moins cher et rapporte davantage » – peut engendrer à l’adolescence nombre de compromissions.

La méconnaissance des rouages complexes de l’environnement politique et numérique qui nous entoure peut être source de frustrations et mener possiblement à l’indifférence et à la transgression.

En discutant avec les jeunes des quartiers, cette idée du « tout pourri » ou du « tous pourris » revient régulièrement pour qualifier la société actuelle et justifier leur désintérêt, leur inaction ou leurs débordements. Cette représentation qui se construit selon moi parfois dès l’enfance et se nourrit dans la préadolescence des observations et des confrontations quotidiennes au monde, peut se transformer, si aucune correction n’est apportée, en une conviction intérieure qui va accentuer les sentiments d’injustice et d’impuissance jusqu’à potentiellement créer un germe de dérive sociale.

Mon intuition, comme éducateur, est qu’il n’est plus temps alors de suggérer à l’adolescent une vision plus optimiste du monde, en opposition avec son ressenti, mais au contraire de travailler sur cette sensation pour la rendre progressivement tangible, la matérialiser pour donner alors à l’adolescent les moyens d’agir sur elle.

CARAMBA ! POURQUOI ?

Dans une charte en six points, les ministres européens se sont récemment engagés à intensifier leurs actions dans le domaine de l’éducation.
Garantir à tous les jeunes une éducation qui promeuve la citoyenneté et leur apprenne à comprendre et à accepter les différences d’opinions, de convictions, de croyances et de modes de vie, tout en respectant l’état de droit, la diversité et l’égalité des genres.
Renforcer les capacités d’esprit critique et de jugement des jeunes afin qu’ils soient en mesure, s’agissant en particulier de l’usage d’Internet et des réseaux sociaux, de saisir la réalité, de distinguer les faits établis des opinions, de déceler ce qui relève de la propagande, de résister à toutes les formes d’endoctrinement et aux discours de haine.
Encourager le dialogue et la coopération entre tous les acteurs de l’éducation, en particulier les parents, les familles et les structures associatives, et s’appuyer sur le sens de l’initiative et de l’engagement des jeunes pour renforcer les liens sociaux et le sentiment d’appartenance.

 

 

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Nous pensons nous aussi que l’éducation et la formation des jeunes ont une importance primordiale pour le développement social et la prospérité économique de nos sociétés.

Nous cherchons de nouveaux moyens de développer chez les jeunes une culture de l’utilisation responsable des nouvelles technologies de l’information et de la communication .

Nous pensons effectivement qu’il est essentiel de sensibiliser les jeunes à la citoyenneté et nous rêvons de les voir se saisir des outils démocratiques à leur disposition pour décider plutôt que subir le monde de demain.

En créant un Média Social #SocialMedia animé par les jeunes, nous pensons qu’il est possible de relever conjointement tous ces paris.

Nous voulons les inviter à partager leurs idées, à exprimer leurs idéaux, les motiver à poser un regard neuf et réfléchi sur leur région, leurs cités et leurs préoccupations.

Nous souhaitons développer avec eux un outil d’expression et d’échange, nécessaire au dialogue des générations et rendre tangible l’opinion des jeunes, facteur de socialisation et d’intégration.

Voilà POURQUOI, à titre expérimental, nous avons décidé de créer CARAMBA MÉDIA.